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 Curiculum Vitae de Réal Lessard, Artiste Peintre

Bruxelles, avril 2003

Sommaire

 


 

Réal Lessard, Biographie

 

Réal Lessard est né le 15 novembre 1939 à Mansonville, Canada. Il mène une existence paisible jusqu’à ses dix-huit ans. Il ne rêve que de voyages et de devenir artiste. Très vite, il sent qu’il doit partir. En stop, il part à la conquête du monde.
A Miami, son destin rencontre celui de Fernand Legros. C’est le coup de foudre. Marchand d’art peu scrupuleux, Legros découvrira très vite le talent inné de Réal Lessard qui peint, sans le savoir, à la manière des grands Fauves du début du siècle. Lui promettant une exposition qui n’aura jamais lieu, il cachera son abondante production de tableaux et, les vendra à l’insu de l’artiste comme d’authentiques Dufy, Matisse, Derain, Van Dongen, Modigliani et beaucoup d’autres. Il réussira à mettre tout le monde dans sa poche : experts, ayants droits et même les veuves de peintres. Le monde entier est inondé du cru Réal Lessard. Ce dernier découvre l’escroquerie mais n’ose pas parler. Il ne faudra pas attendre longtemps pour que l’Association des Marchands d’Art Américains se mêle de l’affaire qui se terminera par un procès. Réal est innocenté mais cette fois, il doit prouver que les milliers de tableaux, peints depuis sa rencontre avec Legros, sont bien issus de son pinceau.

Pour rétablir la vérité, il écrit son récit sous le titre : « Veinte Siete años de silenció» en 1986

Dès sa sortie, son livre est un succès. D’abord traduit en espagnol puis en portugais (1987), les Editions Hachettes acquièrent les droits et le livre est publié en français sous le titre « L’Amour du Faux» (1988). En 1989, il est édité dans la collection « Le Livre de Poche ». Les médias s’emparent de l’événement. Il suffit de voir l’impressionnante liste de ses passages à la télévision, à la radio et les lignes qui lui sont consacrées dans la presse écrite. Puis ce sera au tour des Japonais d’être séduit. Une traduction japonaise sort en 1995 et la rédaction d’un ouvrage d’importance sur la vie et l’œuvre de l’artiste est en préparation à Tokyo. Une traduction néerlandaise est programmée. Une adaptation cinématographique de « L’Amour du Faux » suivra.

Aujourd’hui, Réal Lessard est un artiste reconnu dans le monde entier. On peut dire que ses tableaux ont la cote ; La Gazette Drouot du 19 mai 2000 fait état de la vente d’un tableau de l’artiste intitulé La Casbah Madhi (92 X 73). En effet,le 12 mai 2001, ce tableau, répertorié dans le catalogue de la vente Orientaliste, a atteint la somme de 15 000 €.
L’artiste partage son emploi du temps entre ses ateliers de Bruxelles et de Marrakech. Marrakech qu’il a redécouvert tout récemment et qui, par sa lumière, l’a séduit comme le furent, à une autre époque, ceux qu’il peint si bien et dont il fait la synthèse dans sa propre peinture: Delacroix, Matisse, Marquet, Dufy, Van Dongen. Dommage qu’ils ne soient pas là pour voir l’œuvre de cet artiste canadien exceptionnel car, comme il le dit si bien : « je complète d’une certaine façon l’œuvre inachevée de mes prédécesseurs ».

Par P.A. Kabalan
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Expositions

Galerie Van Waning, Rotterdam, octobre 2002
Hôtel La Mamounia, exposition permanente, Marrakech
Galerie Van Waning, Rétrospective Réal Lessard, Rotterdam, avril 2000
Office du Tourisme Marocain, Paris,1999
Galerie Venise Cadre, Exposition « Sur les Traces de Delacroix », Casablanca, 1995
Galerie « Venise Cadre , Exposition « De toutes les Couleurs », Casablanca, novembre 1994
Hôtel La Mamounia, Exposition « Hommage au Maroc », Marrakech, avril 1994
Jnan Palace, Fès, décembre 1993
Safir Hôtel, Casablanca, novembre 1993
Musée Bab Rouah, Exposition « Hommage au Maroc », sous la Présidence d’honneur de S.A.R. Le Prince Héritier Sidi Mohamed, Rabat, octobre 1993
Galerie Delacroix, Exposition « Sur les Traces de Delacroix», Tanger, 1993
La Maison de l’Amérique Latine de Monaco, Monte Carlo, 1993
La Mamounia, Marrakech, mars 1993
Galerie Présences Louise, Rétrospective Réal Lessard, Bruxelles, décembre 1993
Galerie 31, Lille, juin – juillet 1992
Foire Internationale de Liège, septembre 1991
Galerie Byblos, Saint-Tropez, « Souvenir de la Nioulargue », juillet 1991
Expo Centre Culturel d’aérospatiale
, Toulouse, janvier 1991
Galerie Byblos, Saint-Tropez, 1990
Casino de Spa, juillet 1990
Peintre invité de la Foire du livre1990, 5 portraits de personnalités littéraires (Philippe Bouvard, Madeleine Chapsal, Toots Thielemans, Catherine Pancol, Jacques Attali), mars 1990
Galerie Présence International, Knokke, 1989
Expo Royale Luxembourg, décembre 1989
Casino de Namur, Exposition, octobre 1989
Galerie Charles Sablon
, Exposition « Mon Passage dans l'Art Abstrait», Paris, septembre 1989
Galerie Présence International
, Exposition « La Tour Eiffel a Cent ans », Bruxelles, septembre 1989
Galerie Présence, Knokke, août 1989
Galerie La Réserve, Knokke, septembre 1988
Fondation Cartier pour l ‘Art Contemporain, Exposition « Vraiment Faux »,
Paris, juin - septembre 1988
Galerie des Minimes, Bruxelles, avril 1988
Galerie Charles Sablon, Paris, mars 1988
Galerie Sudamerica Planeta, Buenos Aires, septembre 1986
Musée Olavaria, Argentine, mai 1986
Centre d’Art et Communication, Buenos Aires, mars 1986


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Conférences

Lions Club, Bruxelles, février 2003
Institut Franco Japonais
, conférence "L'Amour du Faux", Tokyo, avril 1995
Musée Bunkamura, conférence "L'Amour du Faux", Tokyo, avril 1995

 

Publications

1986, « Veinte Siete años de silenció»
1987
, traduit en espagnol1988, « L’Amour du Faux» , Hachette, Paris
1989, édité dans la collection « Le Livre de Poche »1995, « L’Amour du Faux» , édition japonaise

 

Tout le monde en parle !

Télévision

RTBF, Journal Télévisé - invité - Belgique, 3 septembre 2000
Ned.2, Het TV Journaal, 5 avril 2000
World TV, avril 2000

RTBF
, Intérieur Nuit - Portrait de Réal Lessard, peintre canadien - Belgique, 14 février 1993
RTBF, Au Nom de la Loi, « Le Génie du Faux », Belgique, 20 juin 1990 pour la sixième fois
RTM, émission « Musica », Bab Rouah, Rabat, Maroc, Décembre1993
RTM, Journal Télévisé, Rabat, Maroc, 1er octobre 1993
2M, Journal Télévisé, Casablanca, Maroc, 7 avril 1993
2M, exécute le tableau de la Kasbah devant les caméras, La Mamounia, Marrakech, Maroc, 2 avril 1993
2M, Diwan, Magazine littéraire, « Un Homme, Un Livre : Réal Lessard », Maroc
RTC Liège, invité du Journal Télévisé depuis La Foire Internationale de Liège, 5 septembre – 22 septembre 1991
Radio TV Canada, Les Interviews de Robert Scully, 7 mai 1990
RTBF, Télé journal, expo casino de Namur, 17 octobre 1989
Coup de Coeur, 21 septembre 1989
Ce Soir, 17 septembre 1989
Antenne 2, Apostrophe présenté par Bernard Pivot, « Une Bombe dans le Monde de l'Art», 5 février 1988
TF1, A la Folie, présenté par Patrick Poivre d'Arvor, Réal Lessard exécute un Modigliani devant les caméras, 28 février 1988
FR3, Ensemble Aujourd'hui, produit par l'A.D.R.I., le 13 mars 1988
La CINQ, Réussite, 12 mars 1988
RTC, Télé Journal, Canada
RTL Télévision, Informations, Réal Lessard présente son livre, Bruxelles, Belgique, 27 mars 1988

Brésil, TV Manchette et Revista, le 5 mars 1988

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Radio

Radio TV Canada, Les Interviews de Robert Scully, 7 mai 1990
France Culture
, Pierre Descargues reçoit Réal Lessard, 31 janvier 1988
France Inter, invité chez José Arthur

Presse

Algemeen Dagblad, « Lessard Meester in het imiteren », 11 avril 2000
Trouw de Verdieping, Fatale Combinatie van Talenten, 31 mars 2000
Tableau Magazine, février 2000
L’Evénement, « Les Faussaires, Coupables ou non coupable ? », février 1999
Magazine L’Evénement, janvier 1999
Marie-Claire Japon, juillet 1995
Boom Magazine, avril 1995
Vision Magazine, Maroc, octobre 1994
R.A.M. Magazine, revue février 1994

Journaux marocains ( mars- avril 1993 / septembre – octobre 1993) :
Al Bayane, Anoual, Al Maghrib, L’Economiste, L’Opinion, Le Matin du Sahara, Le Libéral, Libération, Maroc Soir, Maroc Hebdo, Maghreb Magazine, Télé Plus, Tribune du Maroc

Brussels Today, décembre 1992
Plein Nord, La Gazette, juin-juillet 1992
L’Instant, de 1990 à 1992, Réal Lessard peint les personnages de l’actualité (50 personnalités)
Arts et Valeurs, "Portrait d’un Faussaire de Génie", septembre 1991
Enquêtes et Témoignages, Reader’s Digest, sélection 1991
Télé-Moustique, n°33-33, 14 décembre 1989, par Suzanne Laurent
Revue de l’Université de Louvain, novembre 1989
Weekend l’Express, 6-12 octobre 1989
Coup de Cœur, 21 septembre 1989
Le Soir, 17 septembre 1989
La MeuseLa Lanterne, 9-10 septembre 1989
Revue de l'Université de Louvain, Belgique, novembre 1989
Saturdaynight - Cover - march 1989
L'Express, "Le Marché des Vrais Faux", 1 avril 1988
Le Point, "Les Vrais Faux" de Réal Lessard, 21 mars 1988
VSD, Expo Sablon, Paris, 17 mars 1988
Télé 7 Jours, article de P. Lefort "On se croirait dans un Musée", 27 février 1988
L'Evénément, article de J.L. Pradel "Les Aventures d'un Faussaire malgré lui", 28 janvier 1988

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L’Amour du Faux, Editions Hachette, Paris, 1988

Résumé du livre

 

Réal Lessard est né le 15 novembre 1939 à Mansonville, Canada, là où le Québec cède la place au Vermont Américain. Il a une enfance paisible et sans histoires. Il grandit dans un monde de gens simples attachés à leurs valeurs. Il est le troisième d’une famille nombreuse de quatre filles et de quatre garçon. Son père, froid, autoritaire, méticuleux est gestionnaire dans l’administration. Il est tout le contraire du petit Réal qui n’a pas du tout envie de devenir fonctionnaire. Au contraire, il a besoin de gaieté. Il rêve du Brésil. Il rêve de devenir artiste, de passer sa vie à peindre. « Dans ma chambre, j’avais accroché un poster où le Pain de Sucre trônait majestueusement, pour me rappeler qu’un jour je quitterais ce Canada trop immobile et trop sage ». A 14 ans, c’est le traumatisme. Lors d’un cours de dessin à l’école, son professeur, le Frère Maurice, lui déchire son dessin. L’enfant est pourtant déjà très doué. Réal se sent assassiné et comprend que sa place est ailleurs. Trois ans plus tard, il part à la découverte du monde.

Faisant du stop, prenant des bus, il débarque à Miami où son destin rencontre celui d’un certain marchand de tableau du nom de Legros. C’est le coup de foudre. Ensemble, ils commencent à sillonner les Etats-Unis où Legros vend ses tableaux et lithographies aux nouveaux riches américains qui n’y connaissent pas grand chose. Mais très vite Fernand remarque le talent inné de Réal qui, à ses débuts et sans le savoir, peignait du fauvisme. Il encourage Réal à peindre d’avantage et lui promet une grande exposition à Paris. Pour améliorer la peinture de Réal, il lui fait visiter galeries, musées et collections particulières. Réal est émerveillé par tant de beautés. Ce qui le motive à peindre de plus en plus. Pour le jeune peintre, il s’agissait essentiellement d’exercices, des tentatives de comprendre comment Derain manipulait son pinceau, comment Dufy mélangeait ses couleurs pour rendre ses aquarelles plus lumineuses. C’est pourquoi il ne signait pas ses tableaux. Legros vit en cela une occasion unique d’améliorer ses revenus. Il rangeait soit disant les tableaux dans des gardes-meubles mais en réalité, il les faisait signer par un complice comme d’authentiques van Dongen, Matisse, Braque, Modigliani et autres. Il connaissait tous les procédés et avait une capacité à s’attirer les amitiés des plus grands experts de réputation internationale ainsi que les veuves de peintre et les ayants droits. Réal aurait ainsi peint durant ces deux années de voyages de deux à trois mil dessins et tableaux. Certains dorment encore dans les collections et les musées parmi les plus prestigieux au monde.

Soixante ans, les cheveux gris, les yeux verts, Réal Lessard vit dans un penthouse situé dans le cœur de Bruxelles. Une vue splendide de 270 degrés sur la ville. A l’intérieur, pas de meubles excepté un nombre impressionnant de peintures, toutes peintes à la manière des grands maîtres du début du siècle. Maintenant, portant un jeans usé et tâché de peintures, il me montre quelques unes de ses peintures. Chacune lui rappelle une anecdote parmi des milliers d’autres. Dans un coin de son atelier, le portrait de Nelson Mandela. Sur un mur, “La Dame au Chapeau Vert” de Kees van Dongen. C’est elle qui figure en couverture de son livre “L’Amour du Faux “, publié en 1987 aux éditions Hachette.
Lessard avait 18 ans quand il la peignit dans son appartement d’Orchid Avenue à Hollywood en 1958. Fasciné par Kees van Dongen, il sortit ses pinceaux, s’installa à la table de sa cuisine et commença ce portrait. Il ne voulait pas copier mais apprendre les techniques du maître.
L’incident qui allait lui révéler l’étrange manège de Legros fut cette visite à Monaco chez Kees van Dongen, lui-même. Legros détenait un tableau de ce dernier d’une très grande qualité. Seulement voilà, il était dépourvu de toute signature. Et pour cause! Il était le fruit du travail de Réal Lessard et d’une passion avec Patricia deux ans plutôt à Hollywood. Quand van Dongen vit ce tableau, il le reconnut comme le sien qu’il croyait avoir peint bien auparavant. Il ne fût pas surpris que ce tableau ne comporta pas sa signature car celle-ci, était toujours sa dernière faveur après que la femme ait accepté de se laisser séduire encore une fois. Cette femme sur le portrait n’était jamais revenue avec le tableau sous le bras. Mais il n’y avait pas de raison pour qu’il n’aide pas Legros. Il signa donc ce tableau. Réal, de plus en plus intrigué, découvrit le pot au rose et ce fût la stupéfaction, l’horreur, la tromperie. Des disputes éclatèrent, Réal partit au bout du monde mais Legros parvint comme d’habitude à le récupérer. Réal était d’ailleurs lié à Legros par un contrat de secrétaire itinérant.


A Paris, Réal décida de rencontrer un avocat. Il allait de surprise en surprise. Sur le mur, devant lui, deux de ses tableaux, l’un à la manière de Braque, l’autre à la manière de Derain. Une nouvelle victime de Legros! Combien étaient-ils? En réalité le monde entier avait été inondé du cru de Réal mais pas sous sa signature. C’en était trop : il parla, mais l’avocat déconseilla Réal d’ébruiter la chose. Qui le croirait? Il risquait d’être accusé de complicité.

En 1967, Legros commença à faire des erreurs. Son constant besoin d’argent le rendit moins prudent. Il commença à vendre en France où les gens connaissaient mieux l’œuvre des artistes. Les plaintes devenaient de plus en plus nombreuses et l’authenticité d’un Derain fut mise en doute lors d’une vente. Mais le scandale éclata réellement au grand jour quand l’Association des Marchands d’Art Américains mis son nez dans l’achat de toute une collection de peintres modernes français achetée par un milliardaire texan, Hurtles Meadows, à Fernand Legros.
L’escroquerie fut découverte, Legros s’enfuit au Brésil.
Quand la police française obtint son extradition, il fût découvert inconscient suite à une overdose de barbiturique dans l’avion qui le ramenait à Paris.
De 1974 jusqu’à sa mort en 1983, il passa son temps entre prisons et tribunaux. Mais pendant le procès, il prouva l’innocence de Réal.

Aujourd’hui le talent de Réal Lessard est reconnu dans le monde entier. Il ne se préoccupe pas vraiment des gens que Legros a arnaqué: “J’espère qu’ils ont acheté par amour pour l’art. Ils ont toujours leurs peintures, lesquelles n’ont pas changées. Dans quelques années, ils récupéreront ce qu’ils ont payé, parce qu’elles sont des Réal Lessard. Et maintenant Lessard vaut quelque chose pour ce qu’il est ».

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